Introduction
Aujourd’hui, je vous invite à découvrir l’Erythroxylum coca, une plante maîtresse originaire des régions andines d’Amérique du Sud. Largement connue pour son association avec le narcotrafic, cette plante possède également des propriétés traditionnelles et médicinales uniques. Dans cet article, nous allons explorer en profondeur les caractéristiques et les utilisations de cette plante fascinante.
Description de la Plante
Habitat et Caractéristiques
L’Erythroxylum coca est un arbuste à feuilles persistantes qui pousse principalement dans les régions tropicales des Andes, à des altitudes élevées. Elle présente de petites feuilles ovales et brillantes, ainsi que de petites fleurs blanches en forme d’étoiles. Cultivée depuis des millénaires, ses feuilles sont récoltées pour diverses utilisations.
Utilisations Traditionnelles
Pratiques Culturelles et Spirituelles
Dans les cultures andines, les feuilles d’Erythroxylum coca ont été utilisées à des fins traditionnelles depuis des millénaires. Elles sont mâchées ou préparées sous forme de thé, connu sous le nom de « mate de coca ». Ces utilisations traditionnelles procurent des effets stimulants et énergisants, aidant à combattre la fatigue, à soulager la faim et à améliorer l’endurance physique.
Certaines communautés appellent cette plante Kuka, ayhu, ou ayo et la considèrent comme la plante de la divinité du soleil. Elle est utilisée pour ses vertus d’ancrage et d’enracinement, régulant l’énergie et la vitalité. En outre, elle joue un rôle dans l’accompagnement des individus présentant des comportements addictifs, mais pas que. On peut dire que c’est la plante médicinale de référence andine et qu’elle est utilisée pour une multitude de propriétés.
Les communautés indigènes comme les Koguis ou les Arhuacos, l’utilisent pour ses propriétés thérapeutiques et leur nombreux nutriments et minéraux disponibles.
Elle est notamment utilisée avec leur outil spirituel, le poporo, qui est une calebasse qui leur permet à travers des rituels d’obtenir des guidances spirituelles sur leurs vies.
Propriétés Médicinales
Constituants Chimiques et Effets Thérapeutiques
L’Erythroxylum coca possède des propriétés médicinales intéressantes. Les feuilles contiennent des alcaloïdes tels que la cocaïne, la cocaïdine et la tropacocaïne, qui ont des effets anesthésiques et analgésiques locaux. Elles sont utilisées pour soulager les maux de dents, les douleurs articulaires et musculaires, les troubles digestifs ainsi que pour traiter les plaies et les infections cutanées.
Elle est utilisée pour ses propriétés antibactériennes, lors de conditions comme l’ostéoporose, et lors de maladies rhumatoïdes.
Ses propriétés sur l’appareil digestif, et notamment l’estomac, lord de douleurs, notamment grâce notamment à plusieurs alcaloïdes, sont très appréciées.
Ses différents alcaloïdes et leurs propriétés sont les suivants :
- Ecgonine : C’est un dérivé carboxylé de l’atropine, elle a des propriétés de métabolisation des graisses et des glucides, ainsi que de fluidification du sang.
- Pectine : C’est un absorbant et antidiarrhéique, qui, avec la vitamine E, régule la production de mélanine pour la peau.
- Papaïne : Cette protéase (que l’on trouve en plus grande proportion dans la papaye) est très similaire dans sa structure à la cathepsine animale, c’est une enzyme qui accélère la digestion.
- Higrine : Elle stimule les glandes salivaires en cas de déficience en oxygène dans l’environnement.
- Globuline : C’est un cardiotonique qui régule la carence en oxygène dans l’environnement, améliorant ainsi la circulation sanguine, et évite le « soroche » (mal de l’altitude).
- Pyridine : Elle accélère la formation et le fonctionnement du cerveau, augmente l’irrigation sanguine de l’hypophyse et des glandes.
- Quinoléine : Elle évite la formation de caries dentaires en collaboration avec le phosphore et le calcium.
- Coniine : Anesthésique.
- Cocamine : Analgésique.
- Réserpine : Elle régule la pression artérielle en cas d’hypo- et d’hypertension et aide à la formation des cellules osseuses.
- Benzoïne : Possède des propriétés thérapeutiques pour la gastrite et les ulcères.
- Imuline : Elle rafraîchit et améliore le fonctionnement du foie, la sécrétion de la bile et son accumulation dans la vésicule biliaire, est diurétique, et aide à éliminer les substances nocives et toxiques non physiologiques. C’est un polysaccharide qui augmente le nombre de cellules sanguines.
Usage Actuel
Perspectives Légales et Contrôlées
Malheureusement, l’Erythroxylum coca est souvent associée à la production illicite de cocaïne. Cependant, il est crucial de distinguer entre la consommation de la plante elle-même et celle de ses dérivés et extractions chimiques ou finalement un alcoide est mélangé avec de nombreux composés chimiques et toxiques. Dans certains pays, des efforts sont faits pour promouvoir l’utilisation légale et contrôlée des feuilles de coca, en reconnaissant leurs propriétés traditionnelles et médicinales.
Conclusion
L’Erythroxylum coca est une plante aux propriétés fascinantes et possède une longue histoire d’utilisation traditionnelle dans les cultures andines. Ses feuilles offrent des effets stimulants et énergisants ainsi que des propriétés médicinales intéressantes. Il est cependant essentiel de différencier l’utilisation de la plante de celle de ses dérivés chimiques et de respecter les lois et réglementations en vigueur concernant l’Erythroxylum coca.
La nature offre une grande diversité de plantes aux propriétés bénéfiques pour la santé. Il est crucial de les utiliser de manière responsable et légale.
Références
- Plowman, T. (1986). « Coca Chewing and the Botanical Origins of Coca (Erythroxylum Spp.) in South America ». In: Ethnobotany of South America. Botanical Museum Leaflets, Harvard University.
- Pacini, D., & Franquemont, C. (1986). « Coca and Cultural Identity in the Andes ». In: Coca, Cocaine, and the Bolivian Reality. State University of New York Press.
- Grinspoon, L., & Bakalar, J. B. (1985). « Coca and Cocaine as Medicinal Products ». In: Journal of the American Medical Association.
- Weil, A. T. (1975). « Coca Leaf as a Therapeutic Agent ». In: American Journal of Pharmacy.
- Morales, E. (1989). « The Andean Cocaine Industry ». Macmillan Press.
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